Actualité 2021

Les principales mesures du projet de budget 2019 du ministère de justice

Le 4 juillet 2017, dans son discours de politique générale, le Premier ministre avait annoncé une loi de programmation pour garantir à la justice, dans la durée, les moyens d’améliorer les services rendus à nos concitoyens et faciliter le travail des juridictions et services du ministère.



Cette ambition se concrétise : le projet de loi de programmation 2018-2022 et de réforme pour la justice sera examiné par le Sénat à compter du 9 octobre prochain. Son article 1er prévoit une progression des crédits de 24 % entre 2017 et 2022 et la création de 6 500 emplois sur le quinquennat. C’est une opportunité sans précédent pour réformer la justice en profondeur et répondre ainsi efficacement aux attentes des justiciables, des citoyens et de ceux qui rendent la justice.

Cette priorité accordée à la justice s’est traduite dès 2018 par une augmentation des crédits de 3,9 % et la création de 1 100 emplois. Elle est à nouveau renforcée dans le projet de loi de finances pour 2019 avec une hausse des crédits de 4,5 % et la création de 1 300 emplois.

Les principales mesures du projet de budget 2019 de la justice

C’est une réforme globale de la justice

que veut conduire Nicole Belloubet, la ministre de justice : une réforme de son organisation, de ses procédures, de son fonctionnement. Les moyens de la loi de programmation traduisent cette ambition et ces évolutions d’ampleur.



Un vaste programme de constructions et de rénovations immobilières à hauteur de 450 M€ permettra d’accompagner la réorganisation des juridictions et d’amé­liorer les conditions de travail des magis­trats et des agents de greffe. Les moyens de fonctionnement des juridictions seront consolidés à un niveau élevé. Les crédits consacrés aux frais de justice augmenteront de 26,8 M€. Cela permettra au ministère d’améliorer les délais de règlement de ses prestataires. 192 emplois seront créés en 2019 dans les juridictions (100 emplois de magistrats et 92 emplois de fonctionnaires). Les premiers effets du plan de transformation numérique et de la simplification des procédures permettront de réduire les vacances de postes et de renforcer les équipes autour du magistrat. Les crédits pour le recrutement d’agents non titulaires progresseront une nouvelle fois en 2019. En particulier, pour les magistrats à titre temporaire, cette augmentation sera de 22 % par rapport à 2018.

Les principales mesures du projet de budget 2019 du ministère de la justice

Avec ce budget, le plan de transformation numérique du ministère prendra de l’ampleur. Les crédits d’investissement informatique augmenteront de près de 50 % pour atteindre 97 M€. 80 emplois supplémentaires seront consacrés à cette ambition, traduite par des premières réali­sations tangibles liées à l’arrivée de la fibre optique dans les palais de justice et les établissements du ministère ou à la mise en œuvre de nouvelles applications au service des citoyens, comme la possibilité d’obtenir en ligne le bulletin B3 du casier judiciaire ou encore le suivi de l’avancement des procédures judiciaires sur le portail du justiciable. Cette transformation numérique viendra en plus des modes classiques d’accès à la justice et n’écartera en rien ceux qui ne sont pas familiers de ces outils. Il s’agit d’une opportunité réelle pour rapprocher la justice du justiciable, améliorer l’efficacité de la justice et faciliter les conditions d’exercice des magistrats et agents de greffe et des professionnels de justice.

Ces moyens permettront également la mise en œuvre du plan pénitentiaire présenté le 12 septembre dernier. En 2019, 400 emplois, sur les 1 500 prévus sur le quinquennat, seront créés dans les services d’insertion et de probation pour mettre en œuvre la nouvelle politique des peines portée par le projet de loi de programmation et de réforme pour la Justice. 1,7 Md€ de crédits d’investissement sont prévus pour construire de nouveaux établissements et en rénover d’autres. Ils nous permettront d’assurer la construction de 7 000 places de prison d’ici 2022 et de lancer 8 000 autres places livrées après cette date. Ce programme prévoit de nouveaux types d’établissements, mieux adaptés aux différents régimes de détention et au profil des détenus qui y sont accueillis.

Les principales mesures du projet de budget 2019 de la justice

2 000 places seront notamment créées dans des structures d’accompagnement vers la sortie. Ces SAS accueilleront des condamnés à des peines de moins d’un an ou des condamnés à des longues peines qui finissent leur temps de détention. Dès 2019, les crédits immobiliers pénitentiaires progresseront de 30 %.

La sécurité pénitentiaire sera également renforcée. 50 M€ seront consacrés au déploiement de nouveaux systèmes de sécurité (brouilleurs, vidéosurveillance, etc.). 159 emplois seront créés pour ren­forcer la sécurité, le renseignement pénitentiaire et mener à bien les extractions judiciaires. Les créations d’emplois permettront également de réduire les vacances de poste dans les établisse­ments. 400 emplois seront créés à cette fin en 2019 et 1 100 sur le quinquennat.

Les métiers pénitentiaires seront mieux reconnus avec la mise en œuvre de réformes statutaires importantes comme le passage en catégorie A des conseillers d’insertion et de probation, la revalorisa­tion du statut des directeurs d’insertion ou de probation ou la réforme de la filière de commandement. Le budget permettra également l’application des mesures décidées dans le cadre du relevé de conclusions du 29 janvier 2018 et notamment l’installation du dispositif de fidélisation des surveillants dans les établissements les plus difficiles.

Ce budget porte une attention marquée à la protection judiciaire de la jeunesse. Les crédits de fonctionnement, d’intervention et d’investissement augmenteront de 5,2 % en 2019. Ils permettront de lancer la création de 20 centres éducatifs fermés d’ici 2022, de promouvoir la diversification des modes de prise en charge des mineurs et d’enga­ger un véritable programme de rénovation du patrimoine immobilier. 51 emplois seront également créés pour préparer l’ouverture des centres éducatifs fermés et renforcer l’approche pluridisciplinaire en milieu ouvert. Les éducateurs accèderont à la catégorie A au 1er février 2019.

Et près de 28 M€ supplémentaires seront consacrés en 2019 à l’accès au droit et à l’aide aux victimes, pour garantir l’accès à la justice des plus démunis et leur assistance par un avocat.

Elisa

Diplômée d'un Master 2 en droit pénal à l'Université de Rennes, je suis très impliquée dans la défense des droits fondamentaux et dans les conditions d'incarcération. Je poursuis actuellement des études pour finaliser ma formation d'avocat pénaliste.

Voir les commentaires

  • Bonjour, merci pour ces chiffres très précis. C'est plutôt une bonne nouvelle, l’effort budgétaire qui accordé à la justice en cette période de restriction.

    • Bonjour Jean, merci de ce passage - pour rappel, ce n'est qu'un projet et qui doit passer préalablement devant les parlementaires.

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