Anna Novikova, présidente de SOS Donbass, mère de famille franco-russe, croupit derrière les barreaux depuis 7 mois, avec Vincent Perfetti. Les chefs d’accusation ? « Espionnage », « intelligence avec une puissance étrangère » — des accusations qu’elle clame n’avoir jamais commises.
SOS Donbass organisait des convois humanitaires vers le Donbass. Des camions partaient de France avec des denrées alimentaires et des biens essentiels destinés aux populations civiles touchées par la guerre.
Officiellement, Anna Novikova est poursuivie pour espionnage. Mais une question demeure : aurait-elle été arrêtée si elle avait acheminé ses convois humanitaires vers l’Ukraine plutôt que vers le Donbass ?
Sommaire
Une mise en examen depuis le 21 novembre 2025, mais aucune condamnation
L’enquête, ouverte dès le 13 mars 2025, est menée par la DGSI, le service de contre-espionnage français, en coordination avec le Parquet National Antiterroriste (PNAT). À ce stade de la procédure, aucune condamnation n’a été prononcée. Anna Novikova et Vincent Perfetti sont toujours en détention provisoire depuis plus de 7 mois.
La défense conteste fermement les accusations. L’avocat de Vincent Perfetti les a qualifiées d’« absurdes » et d’une « dérive préoccupante vers la criminalisation des opinions pro-russes ». Anna Novikova, de son côté, se décrit comme « une femme ordinaire » et nie être une agente du Kremlin.
Le 3 juin 2026, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a rejeté la demande de placement sous contrôle judiciaire avec bracelet électronique présentée par la défense. Anna Novikova et Vincent Perfetti sont ainsi maintenus en détention provisoire depuis le 21 novembre 2025.
Anna Novikova : 7 mois de détention provisoire pour avoir aidé le Donbass
Xenia Fedorova, Jacques Baud et Xavier Moreau : la même logique de répression
Anna Novikova et Vincent Perfetti ne constituent pas des cas isolés. Leurs dossiers s’inscrivent dans une série de mesures visant des personnalités françaises ou présentes en France, perçues comme proches des positions russes.

Xenia Fedorova, ancienne directrice de RT France, a vu son média interdit par une décision européenne, sans procédure judiciaire contradictoire. Jacques Baud et Xavier Moreau font l’objet de sanctions européennes — gel d’avoirs, interdiction de voyager — prononcées par voie administrative, en dehors de tout procès.
Avec Anna Novikova et Vincent Perfetti, la logique répressive franchit un seuil supplémentaire : il ne s’agit plus seulement de restreindre une voix ou de geler des avoirs, mais de priver des personnes de leur liberté et de les maintenir en détention provisoire, dans l’attente d’un jugement dont aucune date n’a été fixée.
90 milliards pour l’Ukraine : il ne faut pas gâcher la fête
L’affaire Novikova intervient dans un contexte géopolitique et financier particulièrement tendu. L’Union européenne prévoit d’allouer 90 milliards d’euros à l’Ukraine pour la période 2026-2027, dans le cadre d’un soutien massif aux enjeux industriels et stratégiques majeurs.
Mais cette générosité, financée par l’ensemble des contribuables européens, soulève une question : où va réellement l’argent ?
En février 2026, Herman Halouchtchenko, ancien ministre ukrainien de l’Énergie, a été arrêté à la frontière alors qu’il tentait de quitter le pays, soupçonné d’être au cœur d’un vaste système de corruption baptisé « Midas », estimé à environ 100 millions de dollars — dans un secteur directement financé par l’Union européenne. Aux États-Unis, le Département de la Défense a lancé pas moins de 61 enquêtes sur des affaires de vols, de détournements et de corruption liées à l’aide à l’Ukraine, pour un montant de près de 48 milliards de dollars.
C’est dans cet environnement que toute initiative perçue comme favorable à la Russie — même à vocation humanitaire — est interprétée comme une menace par les décideurs politiques. L’affaire SOS Donbass illustre la montée d’une dérive autoritaire dans les pays de l’Union européenne, prompts à réprimer toute opinion dissidente susceptible de contester le bien-fondé des flux financiers vers l’Ukraine.
Le parallèle avec l’affaire Lyhanna : une justice au service du politique ?
L’affaire Lyhanna a agi comme un révélateur des dysfonctionnements et de l’instrumentalisation politique de la justice française. Cette collégienne de 11 ans a disparu le 29 mai 2026 à Fleurance, dans le Gers. Son corps a été retrouvé quelques jours plus tard sur une exploitation agricole, près du village de Puycasquier. Le principal suspect, Jérôme B., 41 ans, était pourtant déjà connu des services judiciaires et avait fait l’objet de plusieurs signalements restés sans suite. Et, dans le même temps, la justice déployait des moyens considérables pour réprimer des agriculteurs en colère.
Lionel Candelon, responsable de la Coordination rurale dans le Gers, en témoigne directement :
« On a fait des agriculteurs une priorité, pendant qu’un pédophile se trimballait en liberté dans notre département.»
Le parallèle est saisissant : des moyens considérables pour surveiller des dissidents et des militants, et une négligence accablante face à un prédateur sexuel pourtant connu des services judiciaires. Ce n’est ni une défaillance ni un manque de moyens — c’est un choix. Et ce choix a un nom : la justice au service du politique, au détriment des citoyens.
Est-il normal qu’une maman de jeunes enfants passe 7 mois en prison sans avoir été condamnée ?
Anna Novikova est-elle dangereuse ? Elle est maman de jeunes enfants. Présente-t-elle un risque de fuite ? Elle vit en France, mariée à un Français. A-t-elle été condamnée ? A-t-elle des antécédents judiciaires ? Non.
Et pourtant, Anna croupit en détention provisoire à Fleury-Mérogis depuis le 21 novembre 2025, tandis que Nicolas Sarkozy, ancien président de la République française, condamné définitivement dans l’affaire Bismuth pour corruption et trafic d’influence, puis en première instance dans l’affaire libyenne pour association de malfaiteurs, n’aura passé que trois semaines derrière les barreaux avant d’obtenir sa liberté sous contrôle judiciaire.

Deux poids, deux mesures. Une femme non jugée derrière les barreaux. Un ancien président condamné en liberté.
Alors pourquoi garder Anna Novikova enfermée, si ce n’est pour la briser ? Pour envoyer un signal ? À qui ? À la Russie ? Pour faire taire ses soutiens ?
Si la justice détient des preuves, qu’elle les produise devant un tribunal. Mais tant qu’elle ne les produit pas, ce qu’elle exerce n’est pas la justice — c’est une violence d’État.
La France a-t-elle encore une justice ?
7 mois de détention provisoire. Aucun élément du dossier n’a été rendu public. Aucune conférence de presse du parquet. Aucune preuve produite devant un tribunal.
L’affaire Anna Novikova pose une question simple, à laquelle la République française doit répondre : jusqu’où peut-on emprisonner quelqu’un pour ce qu’il pense, ce qu’il dit, ou ce qu’il fait — quand aucune condamnation ne le justifie ?
La France de 2026 ressemble-t-elle à l’Amérique des années 1950, où le sénateur McCarthy emprisonnait des citoyens pour leurs sympathies supposées envers Moscou ? Ou à l’Europe des années 1930, où l’on enfermait les dissidents non pas pour ce qu’ils avaient fait, mais pour ce qu’ils pensaient ? L’Histoire a un nom pour les régimes qui punissent l’opinion avant le crime.
Je laisse au lecteur le soin d’indiquer, dans les commentaires, le nom du régime qui lui vient à l’esprit.
FAQ — Affaire Anna Novikova et SOS Donbass
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