Le CPF (Compte personnel de formation) permet à chaque actif d’acquérir des droits pour financer des formations tout au long de sa vie professionnelle. Alimenté principalement par les cotisations des employeurs, il est géré par la Caisse des Dépôts.
Sur le papier, le dispositif repose sur une promesse simple : garantir un accès universel à la formation. En pratique, cette promesse devient de plus en plus fragile en raison de la pérennité financière du dispositif dans le temps.
Sommaire
75 milliards d’euros de droits à la formation du CPF restant à financer
Un chiffre interpelle particulièrement : environ 75 milliards d’euros correspondent aux droits accumulés par les bénéficiaires du CPF. Ce chiffre a été indiqué dans le rapport d’activité 2023, en annexe, par les commissaires aux comptes.

Ce montant correspond aux engagements potentiels du système, c’est-à-dire aux formations que les titulaires pourraient demander à financer.
Mais ces droits ne reposent pas sur des réserves financières. Le CPF fonctionne principalement en flux annuel : les dépenses sont financées par les cotisations collectées chaque année.
Vidéo : tout le monde ne bénéficiera pas du droit à la formation via le CPF — 75 milliards non provisionnés
Un déséquilibre structurel du dispositif
Chaque année, environ 2 milliards d’euros sont mobilisés pour financer des formations.
Le problème est simple : si une part significative des titulaires décidait d’exercer simultanément leurs droits, le système ne disposerait pas des ressources nécessaires pour y faire face.
Ce décalage entre les droits théoriques et les capacités de financement soulève une question centrale : le CPF est-il soutenable à long terme ?
Un accès au CPF de plus en plus contraint pour les bénéficiaires
Face à ces tensions financières, plusieurs mesures ont été mises en place par la caisse de dépôt et de consignations :
- Renforcement des contrôles sur les organismes de formation,
- Limitation du coût de certaines formations,
- Interdiction du démarchage commercial
- Mise en place d’un reste à charge pour les utilisateurs (le point le plus important).
Ainsi, le reste à charge, initialement nul — l’utilisation du CPF étant auparavant entièrement gratuite — a été instauré par le décret du 29 avril 2024 et est entré en vigueur le 2 mai 2024, avec un montant forfaitaire de 100 €.
Ce montant est ensuite revalorisé chaque année au 1er janvier en fonction de l’inflation :
- 102,23 € au 1er janvier 2025,
- 103,20 € au 1er janvier 2026.
Une hausse du reste à charge, portée à 150 €, est par ailleurs prévue dans la trajectoire des réformes, sans qu’un décret n’en fixe à ce jour la date d’entrée en vigueur.
Autrement dit, le droit à la formation existe toujours, mais son accès devient de plus en plus coûteux et encadré.
Un déficit en augmentation ?
Les données disponibles montrent une dégradation rapide de la situation financière du CPF :
- 2023 : déficit de 6 millions d’euros,
- 2024 : dégradation beaucoup plus marquée.
Le rapport 2024 ne présente plus de compte de résultat détaillé. Toutefois, l’analyse de la variation de trésorerie met en évidence une baisse de l’ordre de 400 à 500 millions d’euros.
Rapport 2024 : une disparition des documents financiers
Un point particulièrement sensible concerne la transparence financière. Contrairement aux années précédentes, le rapport 2024 ne comporte plus :
- De compte de résultat,
- De bilan,
- Une annexe,
- Un rapport des commissaires aux comptes.
Seul un tableau de variation de trésorerie est présenté. Cette évolution rend l’analyse précise de la situation financière du dispositif bien plus difficile. Ainsi, la référence aux 75 milliards d’euros de droits accumulés n’apparaît plus clairement dans le rapport 2024.
Ces engagements pourraient, théoriquement, figurer hors bilan dans les comptes publics. Il n’en est rien.
Conseil : utilisez votre CPF rapidement avant qu’il ne soit trop tard
Dans ce contexte, une tendance se dessine :
- un système financièrement sous pression
- un accès de plus en plus restreint
- un reste à charge en augmentation
Sans remettre en cause le dispositif lui-même, ces évolutions suggèrent que l’utilisation du CPF pourrait devenir plus complexe et plus coûteuse pour les bénéficiaires. Autrement dit, c’est un actif hautement risqué.
Télécharger le rapport annuel 2024 sur la gestion administrative, comptable et financière du Compte personnel de formation
À télécharger le dernier rapport officiel de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) sur la gestion du Compte personnel de formation (sans compte de résultat, bilan, annexe et rapport de commissaires aux comptes contrairement au rapport 2023) :
Foire aux questions (FAQ) sur le CPF
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