Le lundi 24 novembre 2025, à grands renforts de publicité, Éric Larchevêque annonce la création d’une « Bitcoin Treasury Company » en France, à l’instar de MicroStrategy aux États-Unis. Le projet s’appellera « The Bitcoin Society » (TBSO) et vise à bâtir une réserve collective en Bitcoin tout en rassemblant une communauté engagée en faveur de l’autonomie et de la liberté financière.
Levée unanime du bouclier en France, par l’ensemble de la communauté Bitcoin : essayons de comprendre les tenants et aboutissants de ce rejet.
Sommaire
Qu’est-ce qu’une « Bitcoin Treasury Company » ?
Une Bitcoin Treasury Company désigne une entreprise qui utilise le Bitcoin comme réserve de trésorerie — c’est-à-dire qu’elle garde une part significative de ses liquidités en BTC plutôt qu’en euros, en dollars ou en autres actifs traditionnels (actions ou obligations).
Important, la valorisation de la société est liée avant tout à la détention de Bitcoin même si elle peut exercer une activité de service (comme c’est le cas de MicroStrategy)

Qui est Éric Larchevêque ?
Éric Larchevêque est un entrepreneur et investisseur français, né le 30 septembre 1973 à Boulogne-Billancourt. Il est surtout connu comme cofondateur de Ledger, l’entreprise qui conçoit des portefeuilles matériels (hardware wallets) pour les cryptomonnaies, afin de sécuriser les clés privées des utilisateurs.
Il a aussi cofondé l’ancienne La Maison du Bitcoin (devenue Coinhouse), l’un des premiers comptoirs physiques d’achat et de vente de cryptomonnaies en Europe.
Quelle est la proposition de valeur d’Éric Larchevêque ?
La proposition de valeur d’Éric Larchevêque avec The Bitcoin Society (TBSO) consiste à offrir un accès simple et réglementé au Bitcoin via une société cotée, tout en fédérant une communauté d’entrepreneurs et d’investisseurs autour d’une vision de souveraineté financière.
Des investisseurs pourront acquérir des parts sociales de « The Bitcoin Society » (TBSO) et bénéficier de tous les avantages liés à Bitcoin.Le dispositif offre une exposition indirecte au Bitcoin, comparable à celle des ETF spécialisés.
Mon avis en vidéo sur "The Bitcoin Society", alias @_TBSO d’Éric Larchevêque #tbso #bitcointreasury – https://t.co/ZYK6Uyfzm0 – @EricLarch – @Dark_Emi_
— Juristique (@Juristique_) December 1, 2025
Une « Bitcoin Treasury Company » est tout le contraire d'un outil pour un individu souverain. En effet, vous êtes propriétaire…
Au lieu de passer par une introduction en bourse classique, souvent longue, coûteuse et incertaine, les fondateurs ont choisi une voie plus rapide : reprendre une société déjà cotée, la Société de Tayninh.
Dormante depuis près de dix ans et inscrite sur Euronext Paris sous le code TAYN, elle appartenait jusqu’ici à Unibail-Rodamco-Westfield. Les trois fondateurs, via leurs holdings (Quatre Vingt Dix, Nuku Hiva Holding et Infinity Nine Promotion), ont ainsi racheté 97,68 % du capital, à 0,11 € l’action.
La finalisation de l’opération est attendue dans les prochaines semaines, suivie du dépôt d’une offre publique d’achat simplifiée auprès de l’AMF. Le cabinet Crowe HAF est chargé de valider l’évaluation financière du dossier.
Important : cela ne signifie pas, comme on l’a pu lire, qu’Éric Lachevêque et ses comparses ne mettent à disposition que 3 % de la structure. Non, cette société sera amenée à réaliser des augmentations de capital qui viendront diluer les actionnaires déjà existants.
Mais où est le problème avec « The Bitcoin Society » et son fondateur Éric Larchevêque ?
En temps normal, la création d’une « Bitcoin Treasury Company » aurait suscité de l’enthousiasme au sein de la communauté Bitcoin et, au pire, de l’indifférence. Bien évidemment, personne ne peut se prétendre son représentant ; je ne peux ici que livrer mon ressenti.
Le lancement de « The Bitcoin Society » a été précédé d’une série de vidéos sur la chaîne Youtube d’Éric Larchevêque. Toutes les vidéos mettaient en avant des valeurs de liberté associées à la détention de Bitcoin et de résilience face à un État central.
Avant de transformer le monde, Bitcoin transforme l’homme. Il change l’esprit. Il oblige à ralentir, à anticiper, à se rendre digne de son futur. Et un jour, sans même s’en apercevoir, on réalise qu’on n’a pas seulement un patrimoine plus robuste, on a un esprit plus calme, un regard plus stable, une vie plus libre, une charge mentale plus apaisée. Bitcoin m’a offert une liberté et un calme intérieur que rien rien, ni personne d’autre n’avait jamais su m’a’apporté.
Bitcoin : ce que personne ne vous dit lorsque vous en achetez | Eric Larchevêque
Ces vidéos ont suscité de nombreux espoirs. En effet, dans un contexte fiscal jugé spoliatoire, le Bitcoin incarne l’espoir d’une souveraineté économique retrouvée, où chacun reprend le contrôle de la valeur qu’il crée.
Dans ma communauté Bitcoin, de nombreuses personnes étaient même persuadées qu’Éric Larchevêque allait se présenter à la prochaine présidentielle.
La déception suscitée par l’annonce de « The Bitcoin Society » d’Éric Larchevêque
Une « Bitcoin Treasury Company » est tout le contraire d’un outil pour un individu souverain. En effet, vous êtes propriétaire de parts sociales, et non de Bitcoin, conformément au cadre réglementaire. S’ajoutent des risques supplémentaires par rapport à la détention de Bitcoin en direct (appelée self-custody), l’état français, qui peut imposer ses taxes (Impôts sur les sociétés et les dividendes, prélèvements sociaux, CSG-RDS, etc. ), et le risque lié à la détention par un tiers. Il faut également prévoir des frais supplémentaires par rapport à une détention directe.
La création de « The Bitcoin Society » est exactement l’inverse de ce qu’Éric Larchevêque a promu dans toutes ses vidéos Youtube. Tandis que l’entourage d’Éric Larchevêque s’étonne que son projet ne séduise pas : le véritable problème réside dans l’incohérence flagrante entre la promesse annoncée et la réalité de la proposition de valeur.
De plus, la structure juridique sera une « société en commandite par actions » (SCA) alors qu’elle devrait faire appel à l’épargne publique. En étant cotée tout en restant une SCA, la direction de l’entreprise demeurera entre les mains des commandités, à savoir Éric Larchevèque. Ce déséquilibre de gouvernance réduira donc le pouvoir des actionnaires et se traduira par une décote financière. Éric Larchevèque le justifie par : « Je ne souhaite pas qu’une entreprise externe prenne le contrôle et vende les bitcoins. ». Je pense, au contraire, que le pouvoir doit rester entre les mains des actionnaires. Si le management n’est pas à la hauteur, il doit être possible aux actionnaires de le remplacer. Cela doit s’appliquer à Éric Larchevèque et à son équipe.
Vidéo : avis indépendant sur The Bitcoin Society d’Éric Larchevêque
Mon avis sur « The Bitcoin Society » : faut-il investir dans l’offre d’Éric Larchevêque ?
The Bitcoin Society (TBSO) permet d’investir dans le Bitcoin sans en gérer directement les aspects techniques. Cependant, cette approche comporte des risques supplémentaires par rapport à une détention individuelle (État et intermédiaires). Je privilégie donc l’achat de Bitcoin en « self-custody », notamment via BullBitcoin.
Concernant les offres de services d’accompagnement à l’investissement et à l’entrepreneuriat, je n’ai pas d’opinion tranchée. Mais il ne s’agit pas du cœur de la proposition de valeur d’Éric Larchevêque. À noter que ces services seront hébergés au sein de structures juridiques distinctes. Ce qui constitue un point positif.
Enfin, le discours s’oriente désormais vers la mise en place d’un « Network state ». Là, encore, le sentiment qu’une illusion est créée pour mieux vendre la réalité de la « Bitcoin Treasury Company ».
Il faut saluer, dans tous les cas, la démarche d’Éric Larchevêque, car même si le projet ne me séduit pas, il permet, in fine, d’amener de nouvelles personnes à Bitcoin.
Analyse comparative de performances entre une détention directe de bitcoins ou via une Bitcoin Treasury

Ce graphique met en évidence l’écart de performance entre deux stratégies : acheter directement du Bitcoin et en assurer soi-même la conservation, ou investir dans une société qui détient du Bitcoin en trésorerie à votre place.
Dans les trois scénarios simulés (pessimiste, médian, optimiste), la détention directe surperforme systématiquement le modèle de « Trésorerie Bitcoin ». Pourquoi ? Parce qu’au sein d’une entreprise, les gains potentiels sont réduits par les coûts de fonctionnement, la fiscalité, la gouvernance et la dilution éventuelle des actions.
En d’autres termes, l’investisseur supporte les mêmes risques que le Bitcoin… mais sans en bénéficier pleinement. La souveraineté et le rendement vont de pair : conserver ses BTC soi-même reste plus efficace sur le plan financier et plus cohérent sur le plan philosophique.
Important, il faut attendre que l’Autorité des marchés financiers et de la protection de l’épargne (AMF) se prononce sur le projet. À ma connaissance, ce n’est pas encore le cas.
Foire aux questions (FAQ) sur la « The Bitcoin Society » d’Éric Larchevêque
Autres articles sur le Bitcoin et les cryptomonnaies
Votre avis sur « The Bitcoin Society » d’Éric Larchevêque nous intéresse :
Dites-le-nous dans les commentaires. MERCI.








