À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, l’Insee publie de nouvelles données sur l’immigration en France. Près de 8 millions d’immigrés vivent désormais sur le territoire, soit 11,6 % de la population. Leur nombre augmente depuis plusieurs décennies, tandis que leur origine géographique évolue profondément.
- Près de 8 millions d’immigrés vivent en France en 2025, soit 11,6 % de la population. Leur proportion a fortement augmenté depuis 1968, où elle atteignait 6,5 %.
- L’immigration est désormais majoritairement africaine. En 2025, 49 % des immigrés sont originaires d’Afrique, contre 30 % d’Europe et 14 % d’Asie.
- 313 000 immigrés sont entrés en France en 2024, soit une baisse de 10 % en un an. Les entrées restent néanmoins supérieures à leur niveau de 2006.
- Le chômage touche 12 % des immigrés, contre 7 % des non-immigrés. Les immigrés sont également deux fois plus exposés à la pauvreté monétaire que l’ensemble de la population.
- L’immigration clandestine reste impossible à chiffrer précisément. L’Insee recense 454 000 bénéficiaires de l’aide médicale de l’État (AME) en 2025, sans pouvoir établir le nombre total de personnes en situation irrégulière.
Sommaire
Près de 8 millions d’immigrés en France
Selon les estimations provisoires de l’Insee, 7,97 millions d’immigrés vivent en France en 2025, contre 6,85 millions en 2020 et 3,2 millions en 1968.
La proportion d’immigrés dans la population française a ainsi fortement progressé :
| Année | Part des immigrés dans la population totale (Source Insee) |
|---|---|
| 1968 | 6,5 % |
| 1999 | 7,3 % |
| 2010 | 8,5 % |
| 2020 | 10,2 % |
| 2025 | 11,6 % |
Depuis 1999, le nombre d’immigrés a été multiplié par 1,8, contre seulement 1,15 pour l’ensemble de la population.
L’Insee précise toutefois qu’une modification de la méthode de recensement en 2024 impose une certaine prudence dans les comparaisons historiques.

Une immigration désormais principalement africaine
La transformation des origines géographiques constitue l’un des changements les plus marquants.
En 2025, les immigrés vivant en France sont originaires :
- Afrique : 49 %, dont une majorité du Maghreb.
- Europe : 30 %, principalement du Portugal, de l’Italie et d’Espagne.
- Asie : 14 %.
- Amérique et Océanie : 6 %.
En 1968, les immigrés originaires du Maghreb et d’Europe du Sud représentaient ensemble 72 % de la population immigrée. Cette proportion est tombée à 43 % en 2025.
À l’inverse, la part des immigrés originaires d’Afrique hors Maghreb et d’Asie est passée de 4 % à 34 % sur la même période.
Des entrées en baisse, mais un chômage toujours élevé
En 2024, 313 000 immigrés sont entrés en France avec l’intention d’y résider au moins un an, soit une baisse de 10 % par rapport à 2023. Ce chiffre reste néanmoins supérieur aux 234 000 entrées enregistrées en 2006.
L’intégration économique demeure un enjeu majeur. En 2025, le taux de chômage des immigrés atteint 12 %, contre 7 % pour les non-immigrés.
L’Insee relève également que les immigrés sont deux fois plus souvent touchés par la pauvreté monétaire que l’ensemble de la population.
Question centrale : pourquoi favoriser l’immigration alors que celle-ci est un facteur d’augmentation de chomage et de pauvreté ?
Ces difficultés contrastent avec le niveau de qualification des nouveaux arrivants : 51 % des immigrés âgés d’au moins 25 ans entrés en France en 2024 possèdent un diplôme de l’enseignement supérieur.
Immigration illégale : combien de clandestins vivent en France ?
L’immigration clandestine reste l’une des grandes inconnues des statistiques françaises. L’Insee reconnaît qu’il est impossible de déterminer précisément le nombre d’étrangers en situation irrégulière sur le territoire à partir des sources administratives disponibles.
Un indicateur permet toutefois d’approcher le phénomène : 454 000 personnes bénéficiaient de l’aide médicale de l’État (AME) en 2025, selon les données de la Caisse nationale de l’Assurance maladie (Cnam), reprises par l’Insee.
Ce chiffre ne représente cependant pas l’ensemble des étrangers en situation irrégulière. Certains ne bénéficient pas de l’AME, tandis que d’autres peuvent encore être comptabilisés après une régularisation ou leur départ de France.
Autre enseignement : selon l’enquête Trajectoires et Origines 2, 21 % des immigrés âgés de 18 à 59 ans résidant en France en 2019-2020 déclaraient avoir connu une période sans papiers au cours de leur séjour. Près de six sur dix étaient pourtant entrés légalement sur le territoire.
À l’approche de la présidentielle de 2027, une question demeure : comment conduire une politique efficace de lutte contre l’immigration clandestine sans connaître précisément le nombre de personnes concernées ?
Immigration : un débat incontournable en 2027
Ces statistiques confirment une transformation démographique importante de la France depuis plusieurs décennies.
Elles soulèvent également des questions politiques essentielles : quel niveau d’immigration le pays souhaite-t-il accueillir ? Comment améliorer l’intégration professionnelle ? Quelles conséquences pour le logement, les services publics et les finances publiques ?
Les chiffres de l’Insee permettent de mesurer l’ampleur du phénomène, mais ne suffisent pas, à eux seuls, à en évaluer toutes les conséquences économiques et sociales.
À l’approche de la présidentielle de 2027, l’immigration devrait rester l’un des sujets majeurs du débat politique. Un débat qui doit pouvoir se tenir librement, alors que les pétitions réclamant la fermeture de CNews soulèvent de nouvelles interrogations sur le pluralisme et la liberté d’expression.
Sources officielles
- Insee – Immigration, intégration et discriminations : la statistique publique au service des débats de 2027, 15 octobre 2026.
- Insee – Population immigrée et étrangère en France, juin 2026.
- Insee Première n° 2107 – Flux migratoires : les entrées sur le territoire diminuent en 2024, juin 2026.
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