L’article commandĂ© par correspondance tarde Ă vous ĂȘtre livrĂ©, l’entreprise de dĂ©mĂ©nagement rechigne Ă vous indemniser les miroirs qu’elle a brisĂ©s, l’assureur refuse de vous dĂ©dommager d’un dĂ©gĂąt des eaux, etc. Face Ă un litige de consommation, vous n’ĂȘtes pas sans recours. Une lettre simple ou un e-mail peut dĂ©nouer la situation, Ă condition de savoir la rĂ©diger. Si cela ne suffit pas, faites alors valoir vos droits par des recours simples et peu onĂ©reux, judiciaires ou pas.
Prise de contact verbale
Avant de formuler une réclamation écrite, la premiÚre démarche à effectuer est de vous rendre chez le commerçant concerné ou de lui téléphoner. Ce premier contact vous permettra de vous expliquer de vive voix (fermement, mais de façon courtoise) et de recueillir des informations.
Si votre interlocuteur vous promet oralement de faire le nĂ©cessaire, n’hĂ©sitez pas Ă lui adresser un courrier ou un e-mail pour prendre acte de l’engagement pris. Par exemple : « Suite Ă notre conversation tĂ©lĂ©phonique du 18 juillet 2012, j’ai bien notĂ© que vous vous engagiez Ă me renvoyer mon chĂšque dans un dĂ©lai de 15 jours, etc. ».
S’il n’honore pas son engagement, sans pour autant contester votre courrier, vous pourrez utiliser ce document dans le cadre d’une procĂ©dure pour prouver quâun accord a Ă©tĂ© conclu oralement.
Lâenvoi dâune lettre de rĂ©clamation (LRAR)
Si ce premier contact s’est avĂ©rĂ© infructueux, vous devez adresser votre demande par Ă©crit. Exprimez-vous en termes clairs, prĂ©cis et corrects. Il faut savoir ĂȘtre ferme sans ĂȘtre vindicatif. Pensez que, si vous devez aller devant un tribunal, votre lettre pourra vous servir de preuve. Il faut donc toujours restituer les faits, par ordre chronologique. Mais, attention Ă ne pas vous perdre dans des dĂ©tails insignifiants.
AprĂšs avoir exposĂ© les faits, vous devez conclure, par exemple, « je vous demande de me restituer mon chĂšque » ou « de reprendre les travaux » ou encore « de m’indemniser Ă hauteur de mon prĂ©judice ».

N’hĂ©sitez pas Ă fixer Ă votre interlocuteur un dĂ©lai dans lequel il devra s’exĂ©cuter. Ce dĂ©lai varie en fonction de la nature du litige, deux jours pour reprendre un chantier, huit jours pour obtenir un remboursement, etc. C’est Ă vous de l’apprĂ©cier et de le prĂ©ciser. Enfin, indiquez la suite que vous entendez donner au litige si vous n’obtenez pas satisfaction.
Le risque que le litige soit portĂ© Ă la connaissance d’associations de dĂ©fense des consommateurs, d’un organisme professionnel ou encore la perspective de se voir traduit en justice est de nature Ă faire rĂ©agir votre interlocuteur. Vous devez toujours conserver une copie des courriers que vous envoyez pour ĂȘtre en mesure d’en prouver le contenu.
Ă noter que si un e-mail peut ĂȘtre un mode de preuve au mĂȘme titre qu’un courrier simple. Mais, il ne peut pas remplacer une lettre recommandĂ©e avec avis de rĂ©ception. Ă noter que souvent, une phase intermĂ©diaire du litige, vous pouvez utiliser une lettre suivie, mais une mise en demeure est toujours adressĂ©e par lettre recommandĂ©e.
En effet, sauf trÚs rares exceptions, les e-mails des particuliers ne disposent pas de systÚme de date et de signature sécurisé.
Conseils pour une lettre de réclamation efficace pour la défense de vos droits
Identifiez-vous clairement
Indiquez votre nom, prénom, adresse, téléphone et éventuellement, le numéro de compte, de commande ou de contrat qui permettra de vous « identifier ».
PrĂ©fĂ©rez lâenvoi en recommandĂ© avec accusĂ© de rĂ©ception
PrĂ©fĂ©rez l’envoi en recommandĂ© avec demande d’avis de rĂ©ception. Sachez que vous pouvez utiliser le service de lettre recommandĂ©e en ligne sur le site web de La Poste. Disponible 7 jours sur 7, l’envoi aura la mĂȘme valeur qu’une LRAR classique. Ce formalisme est parfois exigĂ© par la loi. Mais mĂȘme s’il ne l’est pas, il prĂ©sente de nombreux avantages :
- Il permet de dater de façon certaine votre courrier. Votre interlocuteur ne peut pas contester avoir reçu votre courrier ni sa date. C’est tout particuliĂšrement important lorsque votre rĂ©clamation doit ĂȘtre adressĂ©e dans un dĂ©lai dĂ©terminĂ©.
- Il permet aussi de faire courir des délais. Vous pouvez, par exemple, donner 15 jours à votre interlocuteur pour exécuter son obligation, à défaut de quoi vous saisirez le tribunal.
- Enfin, il permet enfin de faire courir des intĂ©rĂȘts de retard. Un commerçant rĂ©calcitrant peut ĂȘtre tenu de vous payer une indemnitĂ© si vous l’avez, au prĂ©alable, mis en demeure d’avoir Ă exĂ©cuter son obligation. Or, seul un courrier envoyĂ© en recommandĂ© avec demande d’avis de rĂ©ception peut valoir mise en demeure.
ModalitĂ©s pratiques : reprenez le numĂ©ro de LRAR sur votre courrier, en dessous de l’objet :
Par lettre recommandée avec accusé de réception,
N° de lâAR : <NumĂ©ro Ă complĂ©ter>
Envoyez votre lettre recommandée en ligne avec la poste

Adressez-vous Ă la bonne personne
Si vous avez affaire Ă un commerçant ou Ă un entrepreneur individuel, envoyez-lui directement votre courrier. S’il s’agit d’une sociĂ©tĂ© plus importante, adressez-vous au service clientĂšle ou aux rĂ©clamations.
Si vous ĂȘtes en conflit avec votre assurance, vous pouvez Ă©crire Ă votre agent d’assurance ou au service contentieux. Si c’est un problĂšme avec votre banque, le directeur de votre agence, le chargĂ© de clientĂšle qui gĂšre votre compte ou le service contentieux peut ĂȘtre le destinataire de votre courrier.
En réalité, pour bien cibler votre envoi, relisez attentivement votre contrat et assurez-vous du service compétent par téléphone.
Les voies de recours amiable
Pour rĂ©gler vos litiges, lorsque vos lettres de rĂ©clamation n’ont pas eu les effets escomptĂ©s, vous disposez encore de plusieurs voies de recours amiables qui prĂ©sentent l’avantage d’ĂȘtre simples et gratuites. Par la suite, si ces demandes Ă©chouent, vous pourrez toujours saisir le tribunal.
Les conciliateurs de justice
Ce sont des bĂ©nĂ©voles choisis pour leurs compĂ©tences juridiques par des magistrats. Pour saisir un conciliateur, il suffit de lui tĂ©lĂ©phoner ou d’aller le rencontrer Ă l’une de ses permanences (dans une maison de justice, en mairie ou au sein du tribunal d’instance, etc.). Le conciliateur invite les parties Ă se prĂ©senter. Si l’une d’elles fait dĂ©faut, la conciliation ne peut pas avoir lieu. Si les deux parties se prĂ©sentent, le conciliateur les entend et propose une solution. Mais, il ne peut pas l’imposer. Lorsque les parties trouvent un accord, elles peuvent le faire homologuer par le juge ; sinon, elles retrouvent toute leur libertĂ© pour agir et, notamment, pour saisir le tribunal. Une conciliation dure entre un et trois mois.
Les médiateurs
Pour la plupart des litiges, vous pouvez recourir Ă un service de mĂ©diation. Mais, attention aux mĂ©diateurs internes aux entreprises : il peut s’agir de services clientĂšle dĂ©guisĂ©s. Aussi, avant de faire appel Ă un mĂ©diateur, assurez-vous des garanties qu’il offre. Une entreprise ne peut pas vous imposer son propre service de mĂ©diation.
Certains secteurs se sont dotĂ©s de mĂ©diateurs prĂ©sentant des garanties d’indĂ©pendance et d’impartialitĂ©. C’est le cas du secteur bancaire, de celui des assurances, de la tĂ©lĂ©phonie, des marchĂ©s financiers, de la vente directe, etc.
Le mĂ©diateur peut ĂȘtre propre aux entreprises du secteur (mĂ©diateur d’une banque ou d’une compagnie d’assurances) ou ĂȘtre dĂ©signĂ© par une instance professionnelle et agir pour le compte des entreprises adhĂ©rentes (mĂ©diateur de la FĂ©dĂ©ration bancaire française, mĂ©diateur de la FĂ©dĂ©ration française des sociĂ©tĂ©s d’assurances, etc.).
ConcrĂštement, l’organisation de la mĂ©diation est rĂ©gie par une charte propre Ă chaque secteur, dĂ©finissant ses compĂ©tences, son mode de saisie, ses dĂ©lais de traitement, ses effets, etc.
Mais, dans tous les cas, vous ne pouvez recourir au mĂ©diateur qu’aprĂšs avoir Ă©puisĂ© toutes les autres procĂ©dures amiables de rĂšglement interne des litiges. C’est-Ă -dire si vous n’ĂȘtes pas parvenu Ă une solution qui vous satisfait ou en l’absence de rĂ©ponse Ă vos rĂ©clamations, etc. Si vous avez dĂ©jĂ portĂ© votre affaire devant les tribunaux, vous ne pouvez plus recourir Ă une procĂ©dure de mĂ©diation. En revanche, si, Ă l’issue de la procĂ©dure, la solution prĂ©conisĂ©e par le mĂ©diateur ne vous satisfait pas, vous ĂȘtes libre de saisir la justice.
Le mode de saisine varie selon le médiateur, mais son intervention est toujours gratuite : en général, vous pouvez directement le saisir en lui adressant un courrier explicatif accompagné des documents utiles.
Enfin, sachez que vous pouvez faire appel aux dĂ©lĂ©guĂ©s du DĂ©fenseur des droits si vous avez un litige avec un Ă©tablissement public ou un organisme chargĂ© d’une mission de service public : par exemple, en cas de litige avec France Travail, les CAF, etc.
Ces dĂ©lĂ©guĂ©s peuvent ĂȘtre saisis directement : Ă l’une de leurs permanences, par tĂ©lĂ©phone ou par Ă©crit. Ils contacteront l’administration ou l’Ă©tablissement concernĂ© et se feront votre avocat. Ils ne peuvent pas imposer de solution, mais ils jouissent d’un fort pouvoir d’influence.
Les associations de défense des consommateurs
Elles peuvent vous fournir des renseignements sur vos droits et sur la maniĂšre dont il faut procĂ©der. Elles peuvent aussi intervenir auprĂšs du professionnel pour appuyer votre demande. Pour bĂ©nĂ©ficier des services d’une association, vous devrez, en gĂ©nĂ©ral, verser une cotisation d’adhĂ©rent.
Qu’est-ce qu’une association de dĂ©fense des consommateurs agréée ?
Une association de dĂ©fense des consommateurs agréée est une association Ă laquelle une autoritĂ© reconnaĂźt le droit de dĂ©fendre l’intĂ©rĂȘt des consommateurs et qui a obtenu un agrĂ©ment officiel de l’Ătat.
Liste des associations de consommateurs agréées en 2024
Les associations de consommateurs agréées sont au nombre de 14 en 2024 :
| AFOC â Association Force ouvriĂšre des consommateurs Adresse : 141 avenue du Maine â 75014 PARIS TĂ©lĂ©phone : 01 40 52 85 85 E-mail : afoc[@]afoc.net Site Web : www.afoc.net | CGL â ConfĂ©dĂ©ration gĂ©nĂ©rale du logement Adresse : 29 rue des Cascades â 75020 PARIS TĂ©lĂ©phone : 01 40 54 60 80 E-mail : info[@]lacgl.fr Site Web : www.lacgl.fr |
| CLCV â ConfĂ©dĂ©ration de la consommation, du logement et du cadre de vie Adresse : 59 bd Exelmans â 75016 PARIS TĂ©lĂ©phone : 01 56 54 32 10 E-mail : clcv[@]clcv.org Site Web : www.clcv.org | CNAFC â ConfĂ©dĂ©ration nationale des associations familiales catholiques Adresse : 28 place St Georges – 75009 PARIS TĂ©lĂ©phone : 01 48 78 81 61 E-mail : cnafc-conso[@]afc-france.org Site Web : www.afc-france.org |
| CNL â ConfĂ©dĂ©ration nationale du logement Adresse : 8 rue MĂ©riel â 93100 MONTREUIL TĂ©lĂ©phone : 01 48 57 04 64 E-mail : cnl[@]lacnl.com Site Web : confederationnationaledulogement.fr | CSF â ConfĂ©dĂ©ration syndicale des familles Adresse : 53 rue Riquet â 75019 PARIS TĂ©lĂ©phone : 01 44 89 86 80 E-mail : contact[@]la-csf.org Site Web : www.la-csf.org |
| Familles de France Adresse : 28 place Saint-Georges â 75009 PARIS TĂ©lĂ©phone : 01 44 53 45 90 E-mail : conso[@]familles-de-france.org Site Web : www.familles-de-france.org | Familles rurales Adresse : 7 citĂ© d’Antin â 75009 PARIS TĂ©lĂ©phone : 01 44 91 88 88 E-mail : infos[@]famillesrurales.org Site Web : www.famillesrurales.org |
| FNAUT â FĂ©dĂ©ration nationale des associations d’usagers des transports Adresse : 32 rue Raymond Losserand â 75014 PARIS TĂ©lĂ©phone : 01 43 35 02 83 E-mail : contact[@]fnaut.fr Site Web : www.fnaut.fr | Foodwatch France Adresse : 53 rue Meslay â 75003 PARIS TĂ©lĂ©phone : 01 43 20 86 49 E-mail : info[@]foodwatch.fr Site Web : www.foodwatch.org |
| INDECOSA â CGT â Association pour l’information et la dĂ©fense des consommateurs salariĂ©s â ConfĂ©dĂ©ration gĂ©nĂ©rale du travail Case 1-1 Adresse : 263 rue de Paris â 93516 MONTREUIL CEDEX TĂ©lĂ©phone : 01 55 82 84 05 E-mail : indecosa[@]cgt.fr Site Web : www.indecosa.cgt.fr | UFC-Que Choisir â Union fĂ©dĂ©rale des consommateurs â Que Choisir Adresse : 233 boulevard Voltaire â 75011 PARIS TĂ©lĂ©phone : 01 43 48 55 48 E-mail : mouvement[@]quechoisir.org Site Web : www.quechoisir.org |
| ULCC â Union laĂŻque et citoyenne des consommateurs Adresse : 27 rue des Tanneries â 75013 PARIS TĂ©lĂ©phone : 01 44 53 73 93 Site Web : www.entrecoles.fr | UNAF â Union nationale des associations familiales Adresse : 28 place Saint-Georges â 75009 PARIS TĂ©lĂ©phone : 01 49 95 36 00 E-mail : webmestre[@]unaf.fr Site Web : www.unaf.fr |
La répression des fraudes
PrĂ©sente dans tous les dĂ©partements, la Direction gĂ©nĂ©rale de la concurrence, de la consommation et de la rĂ©pression des fraudes (DGCCRF) exerce un rĂŽle de protection et d’information des consommateurs. Vous trouverez sur son site DGCCRF des renseignements, des fiches pratiques et les coordonnĂ©es des Directions dĂ©partementales de la protection des populations (DDPP) ou des Directions dĂ©partementales de la cohĂ©sion sociale et de la protection des populations (DDCSPP) locales. Vous pourrez les contacter en cas de litiges avec un commerçant.
Une alternative peu couteuse : la lettre suivie
Saisie du tribunal
AprĂšs les voies de recours amiable, vous pouvez vous tourner vers le tribunal (Ă condition d’ĂȘtre dans les dĂ©lais). Trois juridictions sont susceptibles d’ĂȘtre compĂ©tentes :
- Le juge de proximitĂ© pour une demande infĂ©rieure ou Ă©gale Ă 4 000 ⏠jusqu’au 31 dĂ©cembre 2014.
- Le tribunal d’instance si votre demande est comprise de 4 000 Ă 10 000 ⏠ou s’il s’agit d’un litige relevant de sa seule compĂ©tence (crĂ©dit Ă la consommation, par exemple).
- Le tribunal de grande instance (TGI) sinon, et, notamment, si votre demande excĂšde 10 000 âŹ. En outre, certaines procĂ©dures sont particuliĂšrement adaptĂ©es aux litiges de consommation parce qu’elles sont simples, rapides, peu onĂ©reuses et, de plus, elles n’obligent pas Ă recourir Ă un avocat.
Notez que, depuis le 1á”Êł octobre 2014, une nouvelle procĂ©dure a vu le jour. Vous pouvez dĂ©sormais vous regrouper pour vous dĂ©fendre sous la forme d’une action de groupe.
Le tribunal dâinstance et le tribunal de grande instance
Si votre demande est comprise de 4 000 Ă 10 000 âŹ, c’est le tribunal d’instance qui est compĂ©tent : vous n’ĂȘtes pas obligĂ© de recourir Ă un avocat. Si les sommes en jeu ne dĂ©passent pas 4 000 âŹ, vous pouvez le saisir par simple dĂ©claration au greffe qui se chargera de convoquer les parties Ă une audience.
Lorsque votre demande est supĂ©rieure Ă 4 000 âŹ, vous devez faire assigner votre adversaire, c’est-Ă -dire le faire convoquer devant le tribunal par acte d’huissier. Dans les deux cas, vous devez envoyer une copie de vos piĂšces Ă votre adversaire, lui demander ses Ă©lĂ©ments de preuve et prĂ©parer un dossier Ă remettre au juge Ă l’audience. Au-delĂ de 10 000 âŹ, c’est le tribunal de grande instance (TGI) qui est compĂ©tent : vous devez obligatoirement vous faire reprĂ©senter par un avocat.
Les juges de proximité
CompĂ©tents, jusqu’au 31 dĂ©cembre 2014, pour toutes les demandes infĂ©rieures ou Ă©gales Ă 4 000 âŹ, ils peuvent ĂȘtre saisis par une simple dĂ©claration verbale ou Ă©crite faite au greffe (secrĂ©tariat du tribunal d’instance). Le recours Ă un avocat n’est pas obligatoire. En janvier 2015, le juge de proximitĂ© devrait disparaĂźtre. Les litiges qui leur sont aujourd’hui rĂ©servĂ©s seraient alors jugĂ©s par les tribunaux d’instance.
Les actions judiciaires
Le référé
Cette procĂ©dure peut ĂȘtre utilisĂ©e devant les tribunaux d’instance et de grande instance. Elle permet d’obtenir une dĂ©cision dans des dĂ©lais trĂšs brefs (un mois environ). Vous pouvez ainsi obtenir des mesures urgentes, telles que la dĂ©signation d’un expert pour constater des dĂ©sordres ou l’exĂ©cution d’une obligation qui ne fait pas l’objet d’une contestation sĂ©rieuse. Par exemple, la condamnation du teinturier qui reconnaĂźt avoir abĂźmĂ© un vĂȘtement. TĂ©lĂ©phonez au greffe de la juridiction compĂ©tente pour vous inscrire Ă l’une de ses audiences. Puis, vous rĂ©digerez une assignation qu’un huissier dĂ©livrera Ă votre adversaire.
Lâaction de groupe
Depuis le 1á”Êł octobre 2014, cette nouvelle procĂ©dure vous permet, avec d’autres personnes, en tant que consommateurs ayant subi un prĂ©judice matĂ©riel Ă la suite de l’achat d’un produit, d’un service ou de pratiques anticoncurrentielles par un mĂȘme professionnel, de participer Ă une action de groupe contre celui-ci, pour obtenir une indemnisation. Vous devez vous adresser Ă l’une des 14 associations de consommateurs agréées par l’Ătat. Les associations les plus actives sont l’Union fĂ©dĂ©rale des consommateurs (UFC) et Consommation, logement et cadre de vie (CLCV).
L’association peut intenter une action devant le tribunal de grande instance si elle pense qu’il existe un prĂ©judice commun avec d’autres personnes lĂ©sĂ©es. Si le juge estime la rĂ©clamation justifiĂ©e en reconnaissant la responsabilitĂ© du professionnel, il fixera le montant de l’indemnisation que devra verser le professionnel Ă chaque consommateur lĂ©sĂ©. Une fois que le jugement n’est plus susceptible de recours en appel et en cassation, le professionnel doit informer les consommateurs de sa responsabilitĂ© par des mesures de publicitĂ© ordonnĂ©es par le jugement.
DĂšs lors, les consommateurs ont de 2 Ă 6 mois, selon le jugement, pour adhĂ©rer au groupe et obtenir rĂ©paration. Une procĂ©dure d’action de groupe simplifiĂ©e est prĂ©vue pour les consommateurs ayant subi un prĂ©judice d’un mĂȘme montant dans un groupe facilement identifiable (les clients d’un mĂȘme opĂ©rateur, les passagers d’un mĂȘme vol, etc.). Dans ce cas, ils sont indemnisĂ©s directement et individuellement, sans avoir Ă se manifester
Lâinjonction de payer
Cette procĂ©dure vous permet d’obtenir la condamnation de votre dĂ©biteur sans qu’il soit convoquĂ©. La somme rĂ©clamĂ©e doit rĂ©sulter d’un contrat ou d’un statut et son montant ĂȘtre dĂ©terminĂ©. Depuis le 1á”Êł janvier 2013 (dĂ©cret n° 2012-1515 du 28/12/12), c’est le tribunal de grande instance qui tranche quand le montant du litige excĂšde 10 000 âŹ. S’il est infĂ©rieur Ă 10 000 âŹ, c’est le tribunal d’instance (le juge de proximitĂ© pour les montants infĂ©rieurs Ă 4 000 ⏠jusqu’au 31 dĂ©cembre 2014).
Version la plus récente du formulaire Cerfa 12948 pour une injonction à payer :
Envoyez votre requĂȘte au greffe du tribunal (vous pouvez tĂ©lĂ©charger un formulaire sur service-public.fr). S’il accĂšde Ă votre requĂȘte, le juge rend une injonction de payer que vous adresserez par voie d’huissier Ă votre adversaire. S’il refuse, le tribunal fixe une date d’audience pour que l’affaire soit rejugĂ©e en prĂ©sence des deux parties. Si le dĂ©biteur ne paie pas, vous pouvez le faire saisir.
Lâinjonction de faire
Cette procĂ©dure permet d’obtenir l’exĂ©cution d’une prestation nĂ©e d’un contrat, par exemple, la reprise d’un chantier ou la restitution d’un bien confiĂ© en rĂ©paration. Elle peut ĂȘtre utile pour mobiliser un commerçant ou un artisan rĂ©calcitrant ou nĂ©gligent. Mais, vous ne pouvez pas l’utiliser pour demander l’annulation d’un contrat ni mĂȘme des dommages et intĂ©rĂȘts. Vous pouvez prĂ©senter une demande d’injonction de faire devant le juge de proximitĂ© (jusqu’au 31/12/2014), si la valeur de la prestation Ă effectuer n’excĂšde pas 4 000 ⏠et devant le tribunal d’instance si elle n’excĂšde pas 10 000 âŹ.
Au-delà , le recours à cette procédure est impossible. Vous pouvez télécharger un formulaire sur service-public.fr ou présenter votre demande par écrit.
Version la plus récente du formulaire Cerfa 11723 pour une injonction à faire :
Votre avis et vos conseils sur les démarches à accomplir pour défendre vos droits en cas de litige nous intéressent :
Dites-le-nous dans les commentaires. MERCI.

